La pleine conscience,

qu'est ce que c'est au juste?

La pleine conscience est définie comme la conscience du moment présent, de ce qui se passe dans notre esprit, dans notre corps, autour de nous. C'est un état de conscience pendant lequel notre attention est ancrée dans l'instant présent de façon calme, lucide et objective.

C'est être là, ici et maintenant.

"Jon Kabat Zinn"

Mais en fait,  ça veut dire quoi? Et à quoi ça sert ?

 

Parce que finalement ce n'est pas si facile de se représenter ou d'intégrer ce que signifie : être là. Simplement là, ici et maintenant.

La pleine conscience c'est focaliser son attention sur le moment présent et analyser les sensations ressenties. C'est développer dans la vie quotidienne nos capacités naturelles d'attention.

C'est donc être pleinement conscient de ce que l'on vit au moment où on le vit, de ce que l'on fait au moment où on le fait.

L'activité de l'esprit est intense et continue et très souvent elle n'est pas liée à la réalité présente. Le corps est là mais l'esprit divague à des lieux très éloignés de l'instant présent.

Concrètement, c'est donc  se rendre compte quand on conduit que nous passons les vitesses, que nous freinons,que nous tournons le volant,  que nous sommes passés devant la pharmacie...

C'est écouter, et vraiment écouter, quand quelqu'un nous parle, sans partir soi même dans les émotions que cela engendre ou sans se laisser embarquer par les pensées que la discussion amène.

C'est être sous la douche et se rendre compte des sensations que cela procure la mousse du savon qui glisse sur la peau, ou lorsque l'on se brosse les dents, le contact des poils de la brosse sur les dents, les gencives, le goût du dentifrice...

C'est cuisiner et être conscient que l'on épluche ou coupe ses légumes...

C'est tout ça, être en pleine conscience. Tout ça et plus... Ce sont ces petites choses de la vie que l'on fait machinalement, parce que c'est devenu une habitude, un automatisme...

C'est ce qu'on appelle d'ailleurs vivre en pilote automatique, 47% du temps l'esprit humain est distrait et pourtant nous ne passons pas 47% de notre temps à ne rien faire, non?

On passe un temps infini dans notre tête, dans nos pensées, dans nos soucis, les choses qu'on devrait faire, celles qu'on aurait du faire, dans les ruminations ou dans les projections de demain. 

« La peur de demain, les regrets d’hier : deux voleurs jumeaux qui nous privent du moment présent. » Admiral Freebee

Alors voilà,  la pleine conscience, c'est juste vivre. Et vivre ce qui se passe là maintenant, tout de suite, que ce soit jugé comme agréable ou désagréable...Être pleinement présent à soi, son corps, son environnement permet de se détacher de tout ce stress, de se relier à soi afin de réellement se connaitre et de faire face à toute l'agitation de la vie extérieure.

C'est arrêter de se disperser, de se distraire, de faire, de courir... un instant... un moment... prendre le temps d'être...pour mieux  vivre. Vivre en harmonie avec soi et avec les autres.

La méditation de pleine conscience. Et alors? Et pourquoi?

Le constat serait là. Nous ne saurions pas plus heureux qu'il y a cinquante ans...

 

Pour cause : nos rythmes de vie entravent cette pleine conscience.

* L'hyperconnexion,

Ce besoin impérieux d'être connecté en permanence à internet, aux réseaux sociaux, d'être joignable n'importe quand, n'importe où, smartphone, tablette, ordinateur...

Selon des données, 75 % d'entre nous utilise son téléphone aux toilettes!

C'est dire...

Nous sommes exposés à une infinité de stimulations online.

Être partout, tout le temps, tout de suite n'est forcément pas sans conséquences (source)

* Cette course perpétuelle, 

dans laquelle nous sommes pris, entre le travail, les rendez-vous, les enfants, les courses, les tâches ménagères...

Et ce temps, si précieux, après lequel nous passons notre temps - justement - à courir.

* Le multitascking,

Le fait de faire plusieurs choses en même temps.

Boire son café et lire les infos. Téléphoner et être sur internet. Repasser et regarder la télé. Écouter quelqu'un et continuer ce qu'on est en train de faire...Ca vous parle?

En 2009, une étude a montré que notre cerveau n'est pas programmé pour traiter plusieurs activités en même temps, nous sommes plus efficaces et productifs si nous faisons une chose à la fois.

D'après cette étude, le multitasking perturbe la région cérébrale responsable de l'empathie et du contrôle cognitif et émotionnel.

Ces rythmes de vie nous entrainent et peuvent nous laisser dans un état de stress, sans relâche. Le stress est un phénomène normal et nécessaire quand notre survie est en jeu. Mais, aujourd'hui, ce stress quotidien, qui ne redescend jamais, qu'on entretient même, est néfaste pour l'organisme...On est d'accord, non?

* La tendance naturelle de l'esprit à penser,

60 000 pensées par jour seraient produites par notre esprit!

Et quand elles sont trop envahissantes et/ou négatives, elles deviennent néfastes.

Et souvent elles le sont négatives. Notre esprit rumine, ressasse, encore...

Le truc qu'on a fait, qu'on n'a pas fait, qu'on aurait du faire, qu'on aurait pas du faire.... Vous voyez?

Ces pensées entrainent inexorablement des émotions, ces émotions à leur tour suscitent de nouvelles pensées qui vont régir notre façon de réagir, de faire nos choix. Nous ne prendrons pas la même décision si on est en colère ou plutôt serein, non?

Tout ça, est ce qu'on appelle des stresseurs internes et bien sûr, ils impactent notre niveau de stress. Encore...

C'est beaucoup tout ça, non?

Alors voilà, la méditation de pleine conscience c'est se mettre sur pause. Quand tout va trop vite, trop fort, trop loin...On s'arrête...

On prend conscience de ce qu'on vit au moment où on le vit. Et on s'aide d'un support pour focaliser cette attention, cette conscience : le souffle, les sensations corporelles, les bruits, les odeurs...

La méditation de pleine conscience aide à prendre du recul sur nos pensées et nos émotions. Un peu comme si on était l'observateur de nos pensées sans en être le jouet.

Elle permet aussi de comprendre que nos pensées ne sont que des pensées. Que nos émotions ne sont que des émotions. Qu'elles sont transitoires et ne sont pas notre réalité.

Elles vont, elles viennent...Il ne faut pas se laisser embarquer...Nous ne dominons pas les évènements qui arrivent, ni les réactions automatiques de notre corps. Nous pouvons, cependant,  influencer la façon dont nous sommes en relation avec eux. La pratique de la pleine conscience nous aide à développer notre capacité de recul pour observer avec bienveillance notre fonctionnement.

Et lorsqu'elle s'inscrit dans une pratique régulière nous pouvons progressivement développer une relation différente avec ce qui nous arrive.

La méditation de pleine conscience nous aide à prendre du recul sur ce que nous vivons. Il ne s’agit pas de ne plus penser mais de modifier ses relations aux pensées et au vécu émotionnel. A accepter les choses telles qu'elles sont plutôt que de s'acharner à vouloir qu'elles soient telles qu'elles étaient ou telles qu'on aimerait qu'elles soient... et c’est ça qui change tout !

Alors, oui, nous continuerons à vivre des moments douloureux, de déception, du stress, de la tristesse, parce que ça fait partie de la vie. Nous allons juste apprendre à les vivre différemment, et ça fait toute la différence...                                                                               

Une petite histoire?

"Un lion court bien décidé à attraper ce zèbre s'enfuyant à vive allure. Le zèbre? Il a peur et tente de s'enfuir pour échapper à la détermination vorace de son prédateur. Voilà, c'est bon, il est sain et sauf. Clap de fin. Pour le zèbre c'est sur. Le lendemain, il broutera paisiblement sans se faire tout un film de sa mésaventure de la veille et des risques qu'un lion surgisse à nouveau. Paisible. Présent.

Jouons : nous sommes ce zèbre

Changement total de scénario : en rentrant chez nous, haletant, nous aurions raconté à tous combien nous avons eu peur. Comme c'était terrible cette course, ou nous aurions pensé : ô mon Dieu et si le lion m'avait attrapé, que ces serait-il passé, et mes enfants, et mes proches... Plus tard encore la scène continuera à tourner produisant de nouvelles pensées, de nouvelles émotions. Et notre mental anticipera avec anxiété une nouvelle course poursuite. La rumination, l'anticipation...jusqu'à quand?

L'évènement est passé depuis longtemps et nous créons de nouvelles émotions en ressassant la pensée de cet évènement. Cela nourrit notre cœur, notre corps...jour après jour... La production incessante de ce mental qui commente, alimente, associe, imaginable, invente..."

Extrait de "Tout est là, juste là" de Jeanne Siaud-Facchin
 
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